Assetec
jeudi 15 décembre 2011

Les Cahiers pédagogiques

http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article7669

Former : un métier qui s’apprend en mutualisant
Avant-propos du dossier

Ce dossier est destiné à ce métier qui peut-être disparait peu à peu,
se transforme à coup sûr : le métier de formateur. La formation
initiale tend à n’être plus de l’accompagnement de professionnels sur
leur lieu de travail. Et quel accompagnement ? Fait par qui ? Avec
quelles compétences ? Qu’en sera-t-il des formations continuées qui
regroupaient des profs sur des sites extérieurs ou in situ ? Accompagner
et former recouvrent des métiers différents de celui d’enseigner.
L’assertion surprend, tant il est courant de dire que tout enseignant
est formateur et que chaque formateur est un bon enseignant. Aujourd’hui
les professeurs sollicités qui, dans les écoles ou collèges refusent
d’être tuteurs, le savent trop bien.
Formateur. Un métier dont le geste essentiel est de créer des situations
multiples et complexes qui amènent le stagiaire à se questionner, à
mutualiser et à inventer. Un métier qui consiste à considérer le
stagiaire, quel qu’il soit, comme un pair qui apprend.

Les recettes
Notre intention est de donner à lire des fiches, des trucs, des gestes
ou des façons de faire. En effet « la recette », que certains auteurs
appellent « fiche », se situe entre la recette de cuisine et la
posologie du médicament. « La tarte Tatin », exemple même du bricolage
et du hasard se trouve dans de nombreux livres de cuisine, mais personne
ne fait la même tarte. Il s’agit toujours de prendre en compte le
contexte, les précautions d’emploi, les contrindications et les effets
indésirables. Ces recettes ou fiches outils se bricolent et
d’approprient à la sauce de chacun.

Les réticences
Nous avons d’abord reçu nombre de textes qui étaient pure analyse et
réflexions sur le métier. Y aurait-il ainsi de fortes réticences à
décrire ce qu’on fait parce qu’on pense, en praticiens, que « ces petits
trucs de formateurs ne peuvent se transmettre que par l’expérience et
par imprégnation »… ou qu’« il est toujours plus facile et faisable de
penser sur des pratiques que de les décrire »… ou modestement que « je
ne fais rien de nouveau : tout le monde fait ce que je fais. Et puis
est-ce que je n’ai pas piqué cela quelque part ? »… ou pudiquement que
« décrire ce qui se fait, ce qui se vit en formation doit rester de
l’ordre de l’intime » ?
Nous avons d’abord privilégié les textes qui illustrent la posture du
formateur. Ceux qui décrivent les passages obligés : faire et donner
confiance aux participants, s’adapter aux contextes humains et
physiques, savoir démarrer et terminer une formation, établir, donner et
être garant d’un cadre pour solidariser, faire naitre le sentiment
d’appartenance, être attentif à la relation avec les stagiaires.
Ensuite nous avons sélectionné de véritables « fiches concrètes » qui
dessinent ce qui se fait dans la salle de classe. Ce sont les
expérimentations de dispositifs et les mises en situation des parties 3
et 4. « Il n’y aurait pas, ainsi, d’inventeur et de dépositaire, mais
une multitude de savoirs-faire conjugués au fil de l’expérience
personnelle de chacun. » À chacun et chacune, donc, de se les
approprier…

Roxane Caty-Leslé, Philippe Watrelot

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