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mardi 26 juin 2012

Lettre à tous les personnels de l’éducation nationale

Lettre à tous les personnels de l’éducation nationale

NOR : MENE1200269Y

lettre du 22-6-2012
MEN - DGESCO

Au moment où nous est confiée une mission qui nous honore et nous
engage, nous souhaitons vous préciser l’esprit dans lequel nous
voulons, sous l’autorité du Président de la République et du Premier
ministre, travailler à la refondation de notre École.
Nous
connaissons les difficultés auxquelles vous êtes confrontés au quotidien
et le poids de vos responsabilités. Mais nous savons aussi la force de
votre dévouement, la passion et la vocation qui vous animent pour
instruire, éduquer, servir une certaine idée de la France, de la
République et de l’humanité. Ensemble, nous avons rendez-vous avec notre
pays : parce que son histoire n’est pas n’importe laquelle, ses
attentes sont grandes à l’égard de son École. Nous devons les honorer.
Le
Président de la République a fixé clairement l’objectif d’une
refondation républicaine de l’École et d’une refondation de la
République par l’École.
Cela nous confère à tous une responsabilité, mais aussi un devoir d’action.
Il
va appartenir à chacun d’entre nous de donner le meilleur de lui-même
et à nous tous, ensemble, comme corps collectif, de nous rassembler et
de nous dépasser.
Notre École peut renouer avec le progrès et
l’espérance. Il n’y a pas de fatalité de l’échec scolaire. Tous les
enfants peuvent réussir. L’École doit être au service de la promotion de
tous et de l’épanouissement de chacun.
Elle porte une idée de
l’homme, mais aussi du citoyen, et une exigence de justice. Nous ne
devons renoncer à aucune de ses missions ni de ses ambitions mais les
tenir ensemble.
Ainsi, les réformes que nous entreprendrons et les
moyens nouveaux que le Président de la République a décidé de consacrer à
l’éducation nationale, dont il a fait la priorité de l’action publique
pour le quinquennat, seront mis au service d’objectifs clairs et
de valeurs réaffirmées et assumées. Ensemble, nous devons redonner le
sens, rétablir le respect, et reconstruire un idéal et, ensemble, nous
devons réussir à faire partager cet idéal comme un bien commun et un
bien précieux.
Pour engager la refondation et inscrire notre action
dans la durée qui lui sera nécessaire, nous organiserons, au cours des
prochaines semaines, conformément aux engagements du Président de la
République, une vaste concertation. Elle conduira à l’élaboration d’un
projet de loi portant refondation de l’École qui sera présenté au
Parlement à l’automne.
Un nouveau contrat entre la Nation et son
École sera passé, qui nous permettra de faire entrer la République dans
sa modernité et de tenir à nouveau la promesse républicaine.
Nous
connaissons les enjeux pour l’avenir de l’École : l’amélioration des
acquis scolaires, l’égalité plus grande dans la réussite des élèves, la
réduction des sorties sans qualification, l’insertion professionnelle de
tous.

La réussite des élèves repose sur la confiance et le
respect que la Nation accorde à celles et ceux qui servent l’éducation
nationale, quels que soient leur niveau de responsabilité et leur
mission. Nous voulons restaurer un dialogue où chacun, personnel
d’enseignement, personnel d’éducation et d’orientation, personnel
administratif et technique, personnel du service social et de santé,
personnel d’inspection et de direction, puisse contribuer à cette
ambition. La refondation de l’École de la République repose aussi sur
une information partagée, un jugement éclairé et l’idée que l’École
appartient à toute la Nation. C’est pourquoi nous avons décidé de rendre
publics les rapports des inspections générales qui n’avaient pas été
diffusés depuis plusieurs années.

L’éducation nécessite une vision d’ensemble qui s’appuie sur une conception de l’homme et de la République
L’École
de la République est une École de l’exigence et de l’ambition qui doit
permettre à chaque élève de trouver et de prendre le chemin de sa
réussite. C’est un lieu d’enseignement laïque, d’émancipation et
d’intégration de tous les enfants. C’est notre maison commune, vecteur
de promotion et de justice sociale, lieu de transmission des valeurs de
la République, des valeurs fortes que l’on doit enseigner, réfléchir,
discuter, pratiquer. Ensemble, il nous appartient de donner à notre
École l’élan nouveau qui apportera à la jeunesse les raisons d’espérer
et de participer pleinement à son destin. Nous devons tous nous
mobiliser pour l’accomplissement au quotidien de cet idéal pour notre
pays. Nous savons pouvoir compter sur vous dans un esprit d’unité, de
confiance et d’action, dans l’intérêt des élèves et dans celui de la
Nation, et nous vous en remercions chaleureusement.

Dans
l’attente de la refondation de notre École, et sans remettre en cause
les travaux préparatoires déjà effectués, il est important que nous vous
précisions dès maintenant les mesures de la prochaine rentrée qui
s’inscrivent dans une démarche différente de celle qui avait conduit à
écrire la précédente circulaire de rentrée. L’espérance et le changement
doivent déjà se tracer un chemin et commencer, sans plus attendre, à
faire entendre leurs voix. Notre volonté est d’abord, par ces mesures,
de renouer la confiance qui a tant fait défaut ces dernières années.

1. L’école primaire

est notre première priorité. Les débuts de la scolarité sont essentiels
pour la réussite de tous les élèves. Les difficultés doivent être
repérées dès les premières années d’apprentissage. Nous accorderons donc
une importance particulière à l’accueil des enfants les plus jeunes, en
considérant ceux de moins de trois ans qui doivent pouvoir être
scolarisés, en particulier dans toutes les zones qui rencontrent le plus
de difficultés. Cet accueil doit être l’occasion d’établir des liens
privilégiés avec les parents afin de bâtir avec eux les conditions de la
réussite dans la durée.

C’est par une progression bien maîtrisée
et par des réponses adaptées à des besoins clairement identifiés que
l’école maternelle remplira au mieux sa mission, qui ne peut être une
simple préparation à l’école élémentaire. L’école maternelle est l’école
des premiers apprentissages et de l’installation de la confiance en
soi. Elle mérite de retrouver une attention particulière et spécifique
pour que les élèves s’y inscrivent dans un parcours de la réussite.

Nous
veillerons à ce que l’encadrement des classes soit renforcé, notamment
dans les écoles qui sont confrontées aux situations les plus complexes.
Cette ambition trouvera une première traduction, dès la prochaine
rentrée, avec la création de 1 000 nouveaux emplois de professeurs des
écoles. Ces emplois seront mobilisés pour améliorer l’accueil des
élèves, favoriser leur réussite, en particulier dans les écoles de
l’éducation prioritaire et dans les zones rurales isolées. Ils
permettront de conforter le potentiel de remplacement et de renforcer
les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté, notamment les Rased. Il
faudra, par ces moyens nouveaux et cette amélioration de notre
dispositif scolaire, trouver dans les écoles, avec l’aide des équipes de
circonscription, les possibilités d’évolution des pratiques
pédagogiques et des fonctionnements de chaque cycle. 
Nous
souhaitons aussi que, dès cette rentrée, tout soit mis en œuvre pour que
le cours préparatoire ne soit confié qu’à des professeurs dotés d’une
expérience d’enseignement et non à des enseignants débutants.

L’acquisition
des savoirs fondamentaux doit rester l’objectif intangible de l’école
primaire. Dans tous les domaines d’enseignement, avec l’appui des corps
d’inspection, chacun veillera à une progression cohérente et efficace
des apprentissages. La pédagogie doit être attentive aux travaux
de la recherche. Elle doit évoluer et favoriser l’épanouissement de
l’élève, son activité, sa motivation et sa pleine implication dans les
apprentissages. Le travail en équipe doit être encouragé et nous
demandons à l’encadrement pédagogique d’accompagner les écoles dans
cette ambition.

Dans l’attente des décisions qui seront prises
le moment venu pour réorganiser les rythmes scolaires, nous souhaitons
que la pause méridienne ne soit pas, autant que possible, inférieure à
quatre-vingt-dix minutes dans le premier degré. Nous souhaitons que
chacun soit à l’écoute des besoins des élèves et prenne une part active
dans la concertation à venir sur la réforme des rythmes scolaires et
éducatifs. Nous savons que cette réforme est complexe mais elle est
essentielle dans l’intérêt des élèves et de leur réussite.

2.
Les résultats des évaluations
qui se sont déroulées en CE1 et CM2 du 21 au 25 mai 2012 ne sont pas
centralisés au niveau national. Ils sont collectés et analysés à
l’échelle des écoles, et seulement à ce niveau, avec l’appui des
inspecteurs des circonscriptions. Ces évaluations servent également de
support aux échanges avec les familles et, s’agissant des évaluations
réalisées en CM2, elles favorisent la liaison avec le collège de
secteur. Pour l’avenir, la concertation traitera de la refondation de
l’évaluation tant du système éducatif que des acquis des élèves.

3. Le socle commun de connaissances et de compétences
, inscrit dans la loi n° 2005-380 du 23 avril 2005,
est le cadre de référence de la scolarité obligatoire. Chaque élève
doit parvenir à la maîtrise du socle commun au terme de sa scolarité. La
conception et les composantes du socle commun seront repensées. La
réécriture des programmes de l’école primaire et du collège suivra cette
révision et se fera dans un cadre concerté et transparent. Le livret
personnel de compétences actuel est inutilement complexe. Il est trop
tard pour le modifier pour la prochaine rentrée, mais il connaîtra des
simplifications indispensables et des évolutions pour tenir compte des
forces et des faiblesses de son format et de son usage. Il faut, pour le
dialogue avec les parents, des outils de suivi des élèves clairs et
compréhensibles.

4. Le collège unique
reste pour
nous une ambition essentielle pour conduire tous les élèves à la
maîtrise du socle commun. Nous connaissons les difficultés rencontrées
par les enseignants de ce niveau d’enseignement pour assurer la réussite
de tous. C’est pourquoi le collège fera l’objet d’un travail de
réflexion dans le cadre de la concertation qui sera engagée dans les
prochaines semaines. Maintenir l’obligation d’un tronc commun pour tous
n’interdit pas de proposer aux élèves des approches pédagogiques
différenciées, dès lors qu’aucun dispositif d’éviction précoce ne
détourne ces élèves de l’objectif de maîtrise du socle commun et ne les
enferme dans une filière. Nous demandons à chacun d’y veiller. Dans
l’attente d’un projet de disposition législative abrogeant la loi n° 2011-893 du 28 juillet 2011,
dite loi Cherpion, le dispositif d’initiation aux métiers en alternance
(Dima) pour les jeunes âgés de moins de 15 ans est suspendu à la
prochaine rentrée.
Nous tirerons les conclusions de l’évaluation
nationale de fin de 5ème, expérimentée en 2011-2012, avant une
éventuelle généralisation.
Le fonctionnement actuel des
établissements de réinsertion scolaire (ERS) ne répond pas aux objectifs
qui leur avaient été assignés. Nous nous prononcerons prochainement sur
leur devenir.

5.
La mise en œuvre de la réforme du lycée
se poursuit à la rentrée 2012 selon les dispositions arrêtées en 2010.
Les principaux enjeux et objectifs initiaux de la réforme - mieux
accompagner chaque élève, mieux le préparer à l’enseignement supérieur,
permettre une fluidité des parcours - sont maintenus, mais les modalités
de leur application pourront être modifiées ultérieurement.
Les
corps d’inspection seront mobilisés pour accompagner les personnels de
direction et les enseignants dans la mise en œuvre de l’ensemble des
composantes de la réforme - accompagnement personnalisé, organisation
des enseignements d’exploration, groupes de compétences en langues
vivantes, stages passerelles et de remise à niveau, vie lycéenne -, et
soutiendront les initiatives des équipes éducatives.
Pour la
prochaine année scolaire, et dans l’attente du rétablissement de
l’enseignement d’histoire-géographie en terminale scientifique,
l’enseignement facultatif d’histoire-géographie prévu par les textes en
vigueur sera proposé à tous les élèves de terminale de cette série.

Les séries technologiques

ont pratiquement toutes été rénovées dans le cadre de la réforme du
lycée. Cependant, ces rénovations, pour les séries industrielles
notamment, modifient en profondeur les approches pédagogiques et les
conditions d’enseignement. Un accompagnement significatif par la
formation continue des enseignants doit être mis en place en académie,
en relais des actions nationales qui se poursuivront.

Les lycées

d’enseignement général et technologique et d’enseignement professionnel
doivent se rapprocher et favoriser la mixité des élèves. Pour atteindre
cet objectif, le développement des lycées polyvalents sera favorisé. La
mise en place de réseaux de lycées, qui permettent d’éviter une
concurrence infructueuse entre établissements, doit se poursuivre, en
concertation avec les partenaires et, tout particulièrement, les
collectivités territoriales, pour favoriser la complémentarité de leur
offre de formation.

6. La voie professionnelle
doit
être une véritable filière de réussite, avec des orientations positives
et non pas imposées, et des débouchés assurés. La valorisation de
l’enseignement professionnel, thème important de la concertation à
venir, doit devenir enfin une réalité. Le nombre des sorties sans
qualification de la voie professionnelle reste à un niveau beaucoup trop
élevé. Des adaptations des parcours vers le baccalauréat professionnel
seront nécessaires. Les élèves de l’enseignement professionnel doivent
bénéficier du soutien de la Nation. Nous devons être particulièrement
attentifs aux difficultés des jeunes bacheliers professionnels qui
s’engagent dans des poursuites d’études auxquelles ils ne sont pas
toujours préparés.

Les établissements scolaires mobilisent leurs compétences au service de l’éducation et de la formation tout au long de la vie.
Ils apportent ainsi une réponse essentielle aux besoins de formation
continue des adultes, indissociable de la formation initiale. Nous
veillerons à ce que cette mission de service public fondamentale soit
préservée. La loi n° 2011-525 du 17 mai 2011
de simplification et d’amélioration de la qualité du droit (dite loi
Warsmann) impose la transformation du statut des groupements
d’établissements de l’éducation nationale pour la formation des adultes
(Greta) au plus tard en mai 2013. Le processus d’audit, qui permet de
dresser un bilan académique de l’appareil de formation continue, est en
cours. Cette opération suscite beaucoup d’interrogations, voire
d’inquiétudes légitimes de la part des personnels, formateurs ou
administratifs, dont l’engagement doit être reconnu. En concertation
avec leurs représentants, nous définirons l’organisation la mieux
adaptée à leurs missions tout en garantissant leur statut.

7. L’enseignement des langues

est un enjeu fondamental pour la poursuite d’études et l’insertion
professionnelle. Il continuera d’obéir, pour la prochaine année
scolaire, aux dispositions en vigueur.
Nous souhaitons une meilleure
continuité des apprentissages entre l’école élémentaire et le collège en
renforçant le suivi des élèves par les équipes enseignantes : les
acquis du niveau A1 doivent faire l’objet d’un travail en commun avant
l’entrée en classe de 6ème pour aborder le plus tôt possible
l’acquisition du niveau A2 du cadre européen commun de référence pour
les langues (CECRL).
L’expérimentation de la globalisation des
horaires de langues vivantes dans les collèges volontaires est
maintenue, mais sera évaluée avant toute décision éventuelle de
généralisation.
Les compétences de compréhension, d’expression et
d’interaction orales seront évaluées à compter de la session 2013 du
baccalauréat dans l’ensemble des séries générales et technologiques
rénovées, aux côtés des compétences de compréhension et d’expression
écrites.
Cet enseignement doit bénéficier des possibilités pédagogiques offertes par les technologies numériques.

8. Le sport scolaire

joue un rôle fondamental dans l’accès des jeunes aux sports et plus
largement à la vie associative. C’est un élément de dynamisation et de
cohésion des écoles et des établissements scolaires. Il doit être
valorisé et développé.

9.
Des moyens supplémentaires seront mobilisés, dès la prochaine rentrée, pour la scolarisation des élèves en situation de handicap.
Outre
les emplois d’assistant de scolarisation supplémentaires d’ores et déjà
inscrits en loi de finances, de nouveaux emplois d’auxiliaires de vie
scolaire (AVS-i) seront créés pour permettre une meilleure couverture
des besoins d’accompagnement.
Au-delà de ce nécessaire renforcement
des effectifs de personnel d’accompagnement, nous souhaitons rappeler
que les enjeux portent aujourd’hui sur :
- la qualité de la scolarisation ;
- la formation et l’accompagnement des enseignants comme des AVS-i ;
-
la personnalisation des réponses pédagogiques, la validation des
compétences (socle commun, compétences professionnelles, etc.),
l’accessibilité aux ressources pédagogiques et les certifications.
Tous
les AVS-i, quel que soit leur statut, doivent recevoir une formation
dès leur prise de fonction. C’est une première étape vers la
professionnalisation des personnels chargés de l’accompagnement des
élèves en situation de handicap que nous allons engager. Ces formations
seront menées en lien avec les grandes associations œuvrant dans le
champ du handicap, sur la base d’un référentiel d’activité et d’un
cahier des charges rénové. Nous saluons l’engagement de tous les
personnels qui ont permis de très grands progrès dans l’inclusion
scolaire des élèves en situation de handicap. Il nous faut désormais
améliorer la qualité de leur parcours scolaire. C’est cette priorité que
nous nous donnons en ce domaine.

10. La lutte contre le décrochage scolaire

est plus que jamais une priorité nationale. Elle repose à la fois sur
une attention plus personnalisée portée aux jeunes, sur le développement
des actions de prévention au sein des établissements scolaires et sur
la mise en œuvre opérationnelle des dispositifs d’appui aux décrocheurs
comme la Mission générale d’insertion (MGI). Nous comptons sur votre
mobilisation, en soutien des responsables départementaux et locaux des
plates-formes, pour vous investir dans des dispositifs coordonnés et
innovants pour un retour à une scolarité assidue. Cette lutte contre le
décrochage va de pair avec l’aide individualisée pour que chaque jeune
puisse faire des choix d’orientation informés et raisonnés. Nous
connaissons l’engagement des conseillers d’orientation-psychologues et
l’action des centres d’information et d’orientation (CIO) dans cette
mission, comme leur contribution à la lutte contre le décrochage
scolaire.

11. L’éducation prioritaire
connaîtra une
nouvelle étape de son développement et de son efficacité et sera au cœur
des décisions qui seront prises dans le cadre de la concertation à
venir. Son principe fondamental, qui présida à son déploiement il y a
trente ans, demeure « donner plus à ceux qui ont le plus de besoins ».
En conséquence, avec la participation de tous les acteurs concernés, le
dispositif écoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et
la réussite (Éclair) a vocation à être repensé, les règles fixées pour
la prochaine rentrée étant maintenues de façon à éviter toute
désorganisation.

12.
Les effets négatifs des mesures d’assouplissement de la carte scolaire
sont connus. Avec tous les partenaires concernés, nous mettrons en
œuvre des modalités véritablement adaptées, pour un renforcement de la
mixité sociale et scolaire.

13.
Tous les internats,
dans leur diversité, doivent proposer l’excellence aux élèves
accueillis pour contribuer à l’égalité des chances et à la réussite de
tous. En étroite collaboration avec les collectivités territoriales,
nous veillerons à l’amélioration des projets éducatifs de tous les
internats. C’est pourquoi nous évaluerons les internats d’excellence,
notamment sur leur rapport coût/amélioration de la réussite, afin que
nous disposions des éléments d’appréciation permettant d’orienter
efficacement les moyens pour la réussite du plus grand nombre.

14.
Nous veillerons à ce que les outils, contenus et services numériques
soient mis à la disposition des enseignants et plus largement des
équipes éducatives, pour enrichir leurs pratiques afin de les aider à
répondre aux besoins de leurs élèves. La formation des professeurs aux
enjeux et aux usages pédagogiques du numérique sera développée. Avec la
volonté de réduire les inégalités constatées dans ce domaine, le
ministère favorisera la diffusion des usages et la production de
ressources pédagogiques numériques et il en développera la
mutualisation. Une concertation sera engagée avec les collectivités
locales pour accompagner le développement des usages de l’e-éducation,
et en particulier garantir plus efficacement la maintenance des
équipements mis à la disposition des établissements.

15.
Nous connaissons l’engagement de tous les personnels pour assurer la sérénité et la sécurité
dans les établissements afin de créer un climat favorable aux
apprentissages. Nous savons que les suppressions d’emplois survenues ces
dernières années ont rendu la situation particulièrement difficile dans
beaucoup d’établissements. C’est pourquoi la présence des adultes sera
augmentée avec la création de nouveaux emplois de conseillers principaux
et d’éducation et d’assistants d’éducation dès la rentrée 2012. Par
ailleurs, en complément du travail effectué par les équipes mobiles de
sécurité, la création d’une mission nouvelle de prévention et de
sécurité donnera lieu à la création de postes supplémentaires,
prioritairement affectés dans les établissements qui sont les plus
exposés aux incivilités et aux violences.

16. L’autorité,
comme la confiance, ne se décrète pas. Elle se construit grâce à des
qualités morales et intellectuelles reconnues et sur l’exemplarité de
celui qui détient cette autorité. Elle suppose que l’exigence de respect
soit partagée par tous les élèves et par les membres de la communauté
éducative : respect des élèves et de tous les personnels, respect des
lois et respect du règlement intérieur de l’établissement. C’est en
accordant la plus grande attention aux conditions morales et matérielles
de votre activité, ainsi qu’à votre formation, que nous souhaitons
manifester à tous les personnels de l’éducation nationale l’estime et la
confiance que nous vous portons et qui nous paraissent fondamentales
pour asseoir cette autorité.

17.
Le décret n° 2012-702 du 7 mai 2012, relatif à l’évaluation des personnels,
sera abrogé et ne sera donc pas mis en application au 1er septembre
2012. Conçu et publié sans l’adhésion des personnels, ce texte ne permet
pas de fonder une évaluation satisfaisante. Pour autant, un simple
retour à la situation antérieure n’est pas non plus souhaitable. C’est
pourquoi, en concertation avec tous les partenaires concernés, nous
préparerons de nouvelles dispositions qui entreront en application à la
rentrée 2013. 

18.
Nous avons l’ambition de réformer totalement la formation initiale et continue des maîtres.
Les systèmes éducatifs les plus performants sont ceux qui assurent une
formation initiale et continue de grande qualité des professeurs. C’est
l’échange entre la théorie et la pratique, entre la recherche
pédagogique et l’exercice dans les classes, mais aussi entre les niveaux
de formation qui doit nourrir cette formation. C’est ce qui a été
oublié ces dernières années. Les conditions d’entrée dans le métier
doivent être améliorées. C’est pourquoi, pour répondre au manque de
formation pratique des jeunes enseignants, et avant la refondation d’une
véritable formation professionnelle, des mesures d’aménagement de
service et des formations spécifiques pour les stagiaires nouvellement
recrutés en septembre 2012 seront mises en place.
Dans le cadre de la
future loi, nous créerons des écoles supérieures du professorat et de
l’éducation qui seront opérationnelles dès 2013. Tous les professeurs,
quel que soit le niveau d’enseignement auquel ils se destinent,
partageront un moment de formation commun dans ces écoles supérieures.
Notre engagement est de développer une logique d’entrée progressive dans
le métier d’enseignant et d’éducation par un parcours de
professionnalisation. Une personne qui a la vocation d’enseigner doit
pouvoir le plus tôt possible être encouragée et soutenue dans cette
voie, tant par les bourses de l’enseignement supérieur que par les
contrats spécifiques qui seront proposés.

Le Président de la
République a clairement dit la priorité qu’il accordait à l’École de la
République. C’est une question de moyens, mais aussi de valeurs. Les
grandes orientations de la refondation ont été clairement affirmées par
les plus hautes autorités de l’État. Il va falloir du temps, du courage,
du respect et de la persévérance pour accomplir cette grande tâche que
nous devons conduire ensemble dans l’intérêt de la Nation. Mais il
convenait d’indiquer déjà qu’un changement a bien eu lieu, qu’une autre
orientation et une autre ambition pour l’École seront à l’œuvre dès la
prochaine rentrée.


Le ministre de l’éducation nationale,
Vincent Peillon

La ministre déléguée, chargée de la réussite éducative,
George Pau-Langevin

Sources : http://www.education.gouv.fr/pid255...

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